le logoDur , dur l’exercice de la démocratie………


ou Holcim, la démocratie participative à l’épreuve de la séduction

Quand une multinationale qui, à grands renforts de « communication » a toujours veillé à soigner son « image sociale » auprès des populations concernées par ses implantations et annonce, depuis des années, qu’elle va (non pas qu’elle pourrait car le conditionnel a été banni de son vocabulaire) s’implanter dans le bassin carrier d’Antoing, rive gauche, pour pouvoir « pérenniser » son exploitation (brochure luxueuse distribuée dès 2008 !!) qui, par ailleurs, démultiplie les opérations de séduction auprès de décideurs et des riverains concernés par sa demande (sans oublier le lobbying qu’elle exerce partout) et signale que le ministre a décidé…alors les dés sont pipés, dès le départ, car la manipulation est au rendez-vous.
Le fonctionnement correct de la démocratie est alors menacé.

Il n’est pas étonnant alors de voir fleurir des propos et attitudes fatalistes dans le public, voire même chez les plus « combatifs » et les plus vigilants en ce domaine.

Il est dès lors logique, dans un 1er temps, d’enregistrer des réactions de défense individuelle et d’inquiétude pour l’avenir de ses biens personnels….les mots « compensations, réparations » naissant dans la bouche de plus d’un.
Le piège des mots utilisés et la complexité (voire la durée) des procédures annoncées fait le reste.

Alors que nous sommes dans une phase de révision des plans de secteur le débat se focalise alors sur des sujets techniques (une solution existant toujours pour chaque nuisance évoquée) et sur la problématique des « compensations » en éludant le vrai débat de fond qui lui est de l’ordre politique , économique , financier voire éthique et philosophique.

C’est bien sur la justification, le bien-fondé de la demande d’extension de gisement d’Holcim qu’il faut se prononcer aujourd’hui et rien d’autre, puisque si le refus l’emporte, toute autre discussion n’a plus de raison d’être.

Mais, une fois l’argumentation en faveur d’une concertation entre industriels (carrières d’Antoing et carrières du Tournaisis ) pour gérer ensemble les réserves actuelles, rive droite ( plus que suffisantes) est comprise et acquise, il n’est plus nécessaire de tergiverser.
C’est une conclusion de bon sens, comprise de tous, que de rester rive droite, et qui plus est, respecte un accord historique, passé en 1974, entre élus et industriels de l’époque.

Mieux vaut alors se concentrer sur une valorisation différente et plus poussée de notre pierre, qui peut dégager une plus-value plus intéressante et créer elle de nouveaux emplois plus performants (implication du centre « Pierre et Terre » de Tournai et des chercheurs branchés sur ce domaine...).
....et sur la gestion concrète et collective de l’ensemble des pollutions concernant déjà notre bassin (incinération de déchets, bruit permanent, trafic...).
Un nouveau contrat d’avenir, sérieux et équilibré entre citoyens, industriels et élus du bassin est à ce prix.

Jacques HENNOT juin 2010

NB : Pourquoi aussi une étude d’incidences aussi poussée à ce stade de la procédure pour décider, en fonction des réserves disponibles, si cette ouverture est utile ou pas ?