le logoDépassement des normes à l'immission.


La CCB nous affirme que la coïncinération des déchets, qu'ils soient catalogués dangereux ou non, dans ses fours à ciments (clinker) n'a et n'aura pas d'effet négatif sur l'environnement et que l'innocuité de cette coïncinération est totalement assurée pour la santé des riverains.
Une lecture approfondie de l'étude d'incidences nous amène à être beaucoup moins affirmatifs que la CCB et même de contester cette affirmation.

En effet, l'étude d'incidences révèle qu'il y a des problèmes dans l'air ambiant, problèmes générés par le plomb et le cadmium, qu'il existe un problème de pollution du sol par le zinc, qu'une pollution des eaux souterraines par le nickel est présente et qu'enfin, un problème de pollution sonore est également présent.

Il est à noter qu'il n'existe pas d'autres industries polluantes entre les cheminées de la CCB et les points d'analyse. En effet, ces derniers se trouvent, soit en zone d'habitat à caractère rural ou en zone agricole.

Avant de détailler les pollutions reprises ci-après, il faut cerner deux notions, à savoir, celle de l'émission et celle de l'immission.

L'immission est l'endroit où la pollution se retrouve, soit sur ou dans les éléments tels que l'air ambiant, le sol et le sous-sol, les eaux de surface et souterraines, les bâtiments, les végétaux et également les être vivants dont les riverains de la cimenterie.
L'émission est la source de la pollution générée.


A) Dépassement des normes à l'immission.

1.L'air ambiant.

REMARQUE PRELIMINAIRE IMPORTANTE
Les prélèvements de l'air ambiant ont été effectués le 15/07/02, jour où aucune coïncinération de déchets dangereux n'était en cours.
On peut se demander pourquoi avoir choisi cette date dans le cadre d'une recherche d'incidences relative à la coïncinération de déchets dangereux.
On peut donc en déduire que les résultats d'analyse sont révélateurs de l'état actuel de la pollution ambiante résultant de la coïncinération de déchets non catalogués dangereux.

1.1.Le plomb.

Dans le cadre de l'étude d'incidences, l'auteur de cette étude a fait analyser la qualité de l'air ambiant à quatre endroits.
La page 6-27 de cette étude d'incidences indique que le 15/07/02 la teneur en plomb à l'immission dans l'air ambiant, était de :

La législation wallonne (arrêté du GW du 23/06/00) indique que la valeur limite pour le plomb est de 0,6µg/m³ à partir du 01/01/04 et que cette limite sera de 0,5µg/m³à partir du 01/01/05.
Il est à noter que le point A est distant de la source polluante de plus de 1000 mètres, il se situe, en effet à quelque 1900 mètres des cheminées de la CCB.
Il est à remarquer qu'il n'existe pas d'autre industrie polluante entre les cheminées de la CCB et les points A,B,C.
Les teneurs en plomb aux points A,B et C dépassent les valeurs limites qui seront d'application dans moins d'un an, soit le 01/01/05. Quant au point A, la teneur en plomb dépasse la valeur limite en vigueur depuis le 01/01/04.
La page 7-25 (tableau 7.6) de l'étude d'incidences indique des résultats de modélisation.
L'on peut y lire que le « ratio danger maximum » est de 0,001 pour le plomb.
Nous constatons que le ratio de danger maximum au point A est ici de :

Nous ne pouvons, dès lors accorder aucun crédit aux modélisations reprises dans cette étude d'incidences.

L'Atlas de l'air de la Wallonie, publié en décembre 1998 par la DGRNE, indique la toxicité du plomb.

« L'absorption de plomb exerce des effets toxiques sur le système nerveux (saturnisme). Elle peut provoquer une série de troubles de comportements, l'arriération mentale ou encore l'augmentation de la pression sanguine ».

1.2.Le cadmium.

La page 6-27 de l'étude d'incidences indique que le 15/07/02 la teneur en cadmium à l'immission, dans l'air ambiant, était de :

L'OMS recommande une valeur guide de 0,005 µg/m³. L'ISSEP indique une valeur de 0,04 µg/m³.

Nous constatons donc un dépassement de la recommandation de l'OMS de :

Nous constatons également un dépassement de la valeur fixée par l'ISSEP de :

Il est à remarquer qu'il n'existe pas d'autres industries polluantes entre les cheminées de la CCB et les points A,B,C et D.

La page 7-25 (tableau 7.6) de l'étude d'incidences indique des résultats de modélisation.
L'on peut y lire que le « ratio danger maximum » est de 0,035 pour le cadmium.
Les ratios de danger maximum étant identiques aux dépassements repris ci-dessus, nous ne pouvons, dès lors, accorder aucun crédit aux modélisations reprises dans cette étude d'incidences.
L'Atlas de l'air de la Wallonie indique la toxicité du cadmium.
« Métal très toxique, le cadmium est un élément important à cause de son impact négatif sur l'environnement et la santé. Il s'accumule dans l'individu tout au long de sa vie. »

L'auteur de l'étude d'incidences reconnaît la toxicité du cadmium puisqu'il indique, au tableau 7.3, ce qui suit :

« Il est responsable de troubles hépato-digestifs, sanguins, rénaux, osseux et nerveux. De plus, les oxydes, chlorures, sulfures et sulfates de cadmium sont classés cancérigènes. »

2.Le sol.

Le tableau 10.3 de l'étude d'incidences indique que des prélèvements de sol ont été effectués le 12/06/03 à trois endroits proches de la cimenterie. Les échantillons de sol ont été analysés.

L'analyse du sol n°1 révèle une teneur en zinc de 427 mg/kg.MS. Le prélèvement de sol n°1 se situe en zone agricole.
L'arrêté du GW du 04/03/99, relatif aux stations service, indique qu'en zone agricole la valeur d'intervention est de 420 mg/kg.MS.
Les valeurs d'intervention sont définies comme suit :

« Concentrations au-delà desquelles le risque pour la santé humaine ou pour l'environnement n'est plus tolérable et pour lesquelsun assainissement s'impose. »

La photo n°1 reprise à la page 10-16 montre que le point de prélèvement n°1 est un sol cultivé. La page 10-15 indique une culture de maïs mais qui, pour des raisons de rotation des cultures peut être de froment, de betteraves sucrières etc.
La valeur d'intervention étant dépassée, ce sol, à cet endroit, ne peut plus être cultivé sans risque pour la santé humaine.
Quoi qu'étant un oligo-élément jusqu'à un seuil bien spécifique l'excès d'un tel métal est toxique* d'où, promulgation par l'Exécutif Régional Wallon, d'un seuil d'intervention.

*Atlas de la chimie- page 207- Encyclopédies d'aujourd'hui.

3.Le bruit.

Dans le cadre de l'étude d'incidences, des mesures sonores ont été effectuées notamment à 5 points proches de la cimenterie.
Le tableau 11.5 (mesures de nuit) repris à la page 11-13 de l'étude d'incidences indique que la valeur limite de [50dB(A)] est dépassée aux points suivants :


B) Rejet d'eaux dans le réseau hydrographique public.

A la page 10-22 de l'étude d'incidences, au tableau 10.5, l'on peut lire qu'en septembre 1998 et qu'en septembre 2001 la teneur en nickel des eaux souterraines était respectivement de 62,0 µg/litre et 137,0 µg/litre.
L'Arrêté Royal du 4 novembre 1987 fixe les normes de qualité de base pour les eaux du réseau hydrographique public.
L'objectif de l'Arrêté est de fixer pour l'ensemble des cours d'eau, des normes permettant d'assurer le rétablissement d'un développement équilibré de la vie biologique dans les eaux concernées, ou maintient là où il est resté conservé. Les normes fixent des valeurs médianes annuelles que les autorités chargées des déversements d'eau doivent atteindre.
Dans cet Arrêté Royal la teneur en nickel total est fixée à 50µg/litre.
Il faut savoir que les eaux souterraines sont déversées dans la carrière de la CCB et qu'elles font partie des eaux d'exhaure qui sont rejetées dans le bassin de décantation « Béthomée ».
De là, les eaux sont déversées dans le rieu de Warchin, lequel, à hauteur de Tournai, se jette dans l'Escaut.
Ces eaux dont la teneur en nickel est largement supérieure à la norme autorisée sont donc susceptibles de polluer les eaux du réseau hydrographique public.

Document réalisé pour l'asbl l'air à loeil par :