le logoUn mât de 30 m pour mesurer l'air.


D'ici la fin de l'année, un mât de 30 m sera installé sur le parking du cimetière d'Havinnes.

Photo du CDE Le parking du cimetière d'Havinnes où sera installée la station de télémétrie. « Pas facile de trouver un terrain.» But: mesurer la qualité de l'air en Tournaisis.

Le terrain fait neuf mètres sur dix. On y installera un petit pavillon qui fera 2,5 mètres de haut ainsi qu'un mât haut de 30 mètres. «Ce mât n'émet rien, il ne fait qu'analyser l'air» dit Natacha Alleman, échevine de l'Environnement de Tournai.
Qui, lors d'une conférence de presse tenue ce vendredi, a confirmé les informations de nos éditions des 12 février et 7 mars 2008, annonçant qu'une station de télémétrie serait installée le long du Vieux Chemin d'Ath, à Havinnes, devant le cimetière.

Des mesures en continu.

C'est la semaine dernière que le Collège communal a marqué son accord pour signer une convention avec la Direction générale des ressources naturelles et de l'environnement.
La convention - qui prévoit la mise à disposition gratuite dudit terrain, pendant une durée indéterminée - devra être approuvée par le conseil communal du 17 mars. Elle devra ensuite être signée par le ministre wallon de l'Environnement, Benoît Lutgen, qui financera la station.
La cellule Air de la DGRNE devra aussi demander un permis d'Urbanisme. Il y aura donc enquête publique. Natacha Alleman ne craint-elle pas une levée de boucliers? «C'est toujours possible mais je rappelle que les habitants d'Havinnes ont été les premiers à se plaindre de la qualité de l'air, répond-elle. La DGRNE mettra tout en oeuvre pour que le mât soit le plus discret possible... » Plusieurs sites ont été analysés par la DGRNE, et l'échevine indique qu'il n'a pas été facile de trouver le terrain. Car on ne voulait pas que la station de télémétrie soit sous l'influence d'une seule source de pollution. Il ne fallait pas la mettre dans une cuvette par exemple. «Selon la direction des vents, la station pourra être influencée par les cimenteries, par la Ville de Tournai ou par le zoning industriel, voire par les infrastructures routières, dit l'échevine. Les résultats ne seront donc pas faussés. Une seconde cabine, spécifique aux cimenteries, et mesurant les métaux lourds, sera placée dans les retombées principales des fumées, en aval des cimenteries. »
La station pourra mesurer les particules fines, l'ozone, les oxydes d'azote, le dioxyde de soufre et des composants organiques. À la différence de la station placée en 2007 dans le zoning agro-alimentaire de Mouscron, où les données ne sont collectées que tous les quinze jours, la station d'Havinnes effectuera des mesures en continu. Qui seront consultables via le site Air.wallonie.be.
L'idée est bien sûr de permettre aux autorités de prendre très rapidement des mesures en cas de pic de pollution et/ou de dépassement des normes.
«Le réseau télémétrique est un système d'alarme susceptible de fournir les informations en temps réel sur la qualité de l'air, dans le but de protéger la population » se réjouit Natacha Alleman. Selon laquelle «la Ville de Tournai a beaucoup et bien travaillé» pour qu'une telle station soit installée sur son territoire.
En Wallonie, cela fait trente ans qu'un dispositif de stations de mesures automatiques est opérationnel. Mais, jusqu'il y a peu, il était exclusivement localisé dans les zones à risques, les bassins industriels de Charleroi et Liège en particulier.
Bien que proche d'une Flandre et d'un Nord français fortement industrialisés, le Hainaut occidental avait jusqu'ici été oublié.

F.D.
Le Courrier de l'Escaut du 8 mars 2008