le logoTournai / Incinération en cimenterie.


CCB : Vienne et l'IPHB rassurants.

Samedi matin, la ministre régionale de la Santé, Christiane Vienne, et Christian Massy, bourgmestre de Tournai, ont convié les habitants de Gaurain et les membres de l'ASBL l'Air à l'oeil. But de la rencontre : dévoiler les résultats de l'étude menée par l'Institut provincial d'hygiène et de bactériologie (IPHB) avant l'incinération de déchets dangereux par la cimenterie CCB.
Ces résultats portent sur la première phase de l'étude, soit l'analyse des conditions environnementales et l'état sanitaire de la population, avant tout traitement de déchets.
"Du point de vue environnemental, les lixiviats obtenus à partir de l'ensemble des prélèvements ne présentent pas de toxicité majeure. L'analyse de 30 prélèvements de sols ne met en évidence aucune anomalie au niveau des teneurs en métaux lourds", explique Etienne Noël, directeur de l'IPHB.
A l'exception toutefois de Béclers, Thimougies et Gaurain où les concentrations enregistrées en nickel et en chrome sont anormalement élevées.
"Un nouveau prélèvement confirmera ou non ces résultats, mais il est impossible d'avoir des taux zéro, précise le D, Noël.
Une riveraine de la CCB, septuagénaire, s'insurge. "Vous nous dites que tout est normal. Alors, comment expliquez-vous que mes légumes périssent depuis 2004 ?"
Les analyses effectuées sur une herbe témoin attesteraient d'une situation normale. Même si, d'après l'étude, l'analyse des salades affiche une valeur anormalement élevée en cobalt...

Riverains échaudés.

Et la qualité de l'air ? Les résultats n'attestent pas de perturbation des paramètres hématologiques de base, ni d'anomalie de concentrations des éléments dosés.
Réaction dans l'auditoire.
"Pour contrôler la qualité de l'air, il faut une station télémétrique. Or, en Hainaut occidental, il n'y en a pas ! La Flandre en compte 59 et la Wallonie... 21" , illustre Lionel Picalause, un riverain.
Un voisin se dit à moitié rassuré. "Je suis satisfait par les résultats, mais il y a des pics de pollution dans la région que vos tests n'ont peut-être pas relevés. Il faudrait avertir la population quand c'est le cas, comme on le fait pour l'ozone."

Pour calmer les esprits, passablement échauffés samedi, et "dans un souci de transparence", la ministre Vienne a proposé qu'un représentant de I'ASBL l'Air à l'oeil rejoigne le comité scientifique en charge du projet de veille sanitaire.
La seconde partie de l'étude comporte un questionnaire de vigilance environnementale et sanitaire, avec les généralistes locaux.

Le soir 13/03/2006

NATHALIE MOREAU