le logoHeurts dans l'air de l'air à l'œil


« L'air à l'oeil » jubile : une station de mesure de la qualité de l'air sera érigée à Havinnes. Mais l'ASBL se vexe de l'attitude de la Ville.

Photo du CDE « L'air à l'oeil » se montre très critique à l'égard de la ville.

Un mât de 30 m sera érigé à Havinnes pour mesurer la qualité de l'air en Tournaisis (Le Courrier des 7, 8 et 12 mars). La nouvelle réjouit « L'air à l'oeil ». Mais l'ASBL défendant la qualité de la vie et de l'environnement, se montre critique : « La Ville de Tournai pavoise en disant qu'elle a « beaucoup et bien travaillé » sur le dossier de cette station télémétrique. Rendons à César ce qui lui appartient : c'est notre ASBL qui a beaucoup et bien travaillé. »
L'Air à l'oeil affirme « Depuis que nous nous sommes mobilisés, les élus locaux nous ont freinés, dénigrés et méprisés. » Et d'ajouter : « Nous allons d'ailleurs remettre un certificat de mauvaise foi à l'échevine de l'Environnement, Natacha Alleman. »

Houleux dossier

L'installation prochaine de la station de mesure résulte, en fait, d'un houleux dossier dont les prémices remontent à 2003. À l'époque, la CCB dépose une demande de permis pour l'incinération de déchets dangereux. Près de 3 000 riverains réagissent au travers d'une pétition.
« Nous voulions estimer ce qui se passait dans l'air autour de nous et ne pas aboutir à un permis « carte blanche» pour la cimenterie.»
Des riverains créent l'ASBL « L'air à l'oeil » dans la foulée.
« En mai 2004, les élus locaux délivrent le permis en négligeant le contrôle de l'air. Nous avons donc introduit un recours et demandé l'installation d'une station.» Ministre de l'Environnement, Benoît Lutgen amende le permis, imposant l'érection d'une station, mais aussi d'une cabine destinée à mesurer les métaux lourds des cimenteries.
« Nous sommes alors en mai 2005. Depuis, la Ville n'a cessé de traîner. Si l'installation du mât est désormais proche, c'est au vu de notre insistance et du délai imposé à la commune par M. Lutgen pour régler le problème. »

Manque de dialogue

Si les tensions existent entre l'ASBL et la Ville, c'est aussi au travers du comité d'accompagnement du permis de la CCB. Composé d'élus locaux, de riverains ou encore de scientifiques, il a pour but de vérifier le bon respect dudit permis. « La Ville ne joue pas franc jeu : l'avis des riverains est traité avec mépris, des pressions se font sentir, etc. Une atmosphère délétère règne dans ces assemblées. » Enfin, l'ASBL s'attriste de voir la veille sanitaire piétiner. « Le but est de surveiller l'état de santé de la population du bassin carrier et cimentier tournaisien. Mais les études n'en sont nulle part. »

UNE VIRULENCE SURPRENANTE.

Le ton, pour le moins cassant, de l'ASBL l'Air à l'oeil a de quoi surprendre alors que les choses s'emmanchent bien.
On rappellera quand même que c'est la Ville qui met un terrain à disposition de la Région wallonne à Havinnes pour y ériger la station en question. Lundi dernier, lors de l'évocation de ce point au conseil, tous les partis ont salué le travail des associations de terrain sur ce dossier.
La première échevine Natacha Alleman ne comprend pas ce qui lui arrive. Tout le collège, le conseil dans ensemble, sont heureux de l'évolution du dossier. « L'Air à l'oeil a joué son rôle pleinement et c'est très bien, mais la Ville aussi. j'ai même accompagné l'air à l'oeil à Namur. C'est un dossier déjà ancien et je ne l'ai en charge que depuis une bonne année... »
Enfin, apprendre qu'un conseiller de l'aide sociale cdH veut remettre un brevet de mauvaise foi à une échevine PS... alors que ces deux partis forment la majorité: il y a des choses qu'Yves De Greef va devoir expliquer à ses troupes...

(G.E.)
Le Courrier de l'Escaut du 22/03/2008