le logoLe ministre Detienne annonce une étude épidémiologique


Bilan de santé pour le bassin carrier

ALEXANDRE VALÉE Le soir 19 mai 2004
Quel taux de métaux lourds retrouve-t-on dans les potagers de Gaurain ? Quelle concentration de mercure ou de plomb, dans le sang des riverains du bassin carrier ? Avec quels risques pour la santé de ces derniers ? Autant d'interrogations lancinantes auxquelles le ministre wallon de la Santé et des Affaires sociales Thierry Detienne entend apporter une réponse. C'est ce qu'il a annoncé hier aux voisins immédiats de CCB (Gaurain) et CBR (Antoing).

Une annonce accueillie positivement par ceux-ci, a fortiori quand on sait qu'il s'agira d'une première dans la région, alors que l'on vit depuis des décennies dans les poussières des cimentiers, juge Lionel Picalause, Gaurinois et vice-président de l'ASBL « l'air à l'oeil ». Le débat a été ravivé depuis l'automne dernier par la demande de permis d'exploiter formulée par le cimentier gaurinois CCB qui désire "comme le font déjà ses concurrents" valoriser des déchets réputés dangereux dans ses fours.
Avant d'être cet inestimable réservoir de pierre calcaire qui justifie la présence des cimentiers depuis plus d'un siècle dans le Tournaisis, le bassin carrier est un bassin de vie. D'où l'intention du ministre d'établir un état des lieux de la situation actuelle, pour ensuite pouvoir évaluer l'impact possible de l'incinération de déchets. Une veille sanitaire qui sera mise en place, selon Thierry Detienne, indépendamment du fait que le permis sera octroyé ou non. Et qui ne pourra en aucun cas servir d'alibi pour ne pas prendre des mesures aux sources mêmes de la pollution.

L'étude épidémiologique constituera d'abord le complément indispensable aux deux campagnes d'analyse de l'air programmées l'été et l'hiver prochains. Le ministre de l'Environnement Michel Foret a confirmé que le plan wallon de l'air passerait par le bassin carrier : cinq stations mobiles y enregistreront, soixante jours durant, les teneurs en polluants dans l'air. L'Institut provincial d'hygiène et de bactériologie (IPHB) complétera ces campagnes par des mesures dans le sol, et réalisera cette étude épidémiologique sur la base de plusieurs éléments :

Après plusieurs hésitations, le financement de ce volet santé a donc finalement été débusqué. Pour une année, du moins, puisque Thierry Detienne n'a pas caché que seul un crédit de 24.000 euros a été débloqué pour l'heure, sans promesse ferme qu'il devienne récurrent. Il faudra par conséquent être vigilant sur le suivi d'une telle initiative, qui ne peut en effet être menée que sur le long terme, conclut Lionel Picalause.