le logo10 % du C02 wallon produit chez nous.


Il dénonce les cimentiers qui achètent le droit de polluer.

Depuis 22 ans, Lionel Picalause vit à l'ombre d'un imposant voisinage, celui de la CCB à Gaurain. Un voisin avec lequel il composait, tant bien que mal, jusqu'à ce qu'il commence à s'inquiéter sérieusement pour sa santé.
"Je trouve que le tribut, pour les riverains, est lourd à payer. Et le bassin carrier oublie trop souvent que l'air est un bien commun, qu'il doit le respecter"
Et pour défendre ce bien le plus précieux, Lionel Picalause a décidé, voici quelques années, d'entrer dans le comité d'accompagnement qui met, autour de la table, des représentants publics, les cimentiers et les riverains. C'est la raison qui explique cette vigilance dont il fait désormais preuve, attentif à toute information relative au bassin carrier. Et les récentes découvertes faites par ses soins l'ont atterré: "Le gouvernement alloue chaque année aux industries des quotas de production de gaz à effet de serre qu'elles doivent s'engager à ne pas dépasser. Dans le moniteur, j'ai remarqué que sur les 12 km2 qui comprennent la CCB et CBR, cet arrêté autorise une production de C02 équivalente à 10 % des émissions totales wallonnes".
Des chiffres jugés disproportionnés aux yeux de Lionel Picalause qui confirme ses inquiétudes:
"C'est dire à quel point nous sommes pollués ici! "
Photo du CDE Pour Lionel Picalause, même cachée, la CCB reste un voisin pénible.



Pour ce Gaurinois, le système devrait être plus strict:
"Pour effectivement réduire les émissions de C02, il faudrait diminuer ces quotas souvent larges, les proposer à un prix même minime, mais symbolique pour encourager les efforts". En effet, d'après les recherches menées par le riverain, "aujourd'hui, racheter des permis de production du C02 revient moins cher que d'adopter des mesures pour en diminuer les émissions. Ce qui prouve à quel point le système de ces certificats est inadapté."
Quant aux filtres à manches! Récemment posés par l'exploitant, Lionel Picalause met en cause, en vertu d'une étude trouvée sur internet, leur efficacité pour certaines substances: "Pour les métaux lourds gazeux, les gaz acides, le NOx le CO, le COV, les odeurs et justement le C02, ces filtres sont inéfficaces. En fait, un seul procédé ne suffit pas pour obtenir de bons résultats".
Et si les investissements sont trop coûteux?
"Je ne veux pas fermer quelque entreprise que ce soit. Mais qu'elle répercute ces sommes sur le prix du ciment, comme pour l'eau ou l'électricité. Et que l'Europe veille à loger toutes les industries à la même enseigne. C'est tout!".

Quelques chiffres, "Avec 1 Euro par tonne, on dégagerait 1 milliard".

SARAH COURCELLE le Nord-Eclair du 21/02/2007