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Gaurain Permis accordé sous conditions à la CCB

ALEXANDRE VALÉE 21 mai 2004 Le soir
Le permis autorisant la co-incinération à la CCB a été accordé. Dix des quinze conditions proposées par les riverains ont été reprises par le Collège.

A défaut de contenter pleinement les riverains et l'industriel, la décision prise mercredi soir par le Collège des bourgmestre et échevins de Tournai ménage la chèvre et le chou. L'exécutif communal a en effet octroyé le permis d'exploiter au cimentier gaurinois CCB, lui permettant ainsi de procéder à la valorisation énergétique de déchets réputés dangereux. C'est donc un « oui » à la co-incinération, mais assorti de conditions.

Première restriction, la durée de validité de ce permis : le Collège l'a calquée sur l'autorisation d'exploiter les fours 4 et 3, soit respectivement jusque juin 2015 et 2017. C'est plus que les dix ans réclamés par l'ASBL « l'air à l'oeil », moins que les vingt ans espérés par la CCB. Un préalable, soumis par l'un des riverains défendant un « non » inconditionnel, a aussi été intégré dans les 69 pages : si la dangerosité des particules ultrafines à l'émission devait avoir des conséquences dommageables sur la santé, le permis serait suspendu ou abrogé, stipule le texte.

Autre condition majeure, touchant cette fois aux normes à l'émission : le Collège a pris le pari de devancer les valeurs plus strictes qui devraient entrer en vigueur le 28 décembre 2005 dans l'Union européenne. Les chiffres ne seront donc pas - comme le souhaitaient les riverains. alignés sur ceux imposés aux incinérateurs publics, mais respecteront une forme de compromis. De même, la quantité annuelle de déchets entrants a été limitée à 160.000 tonnes, et la norme d'émission pour les métaux lourds fixée à 0,6 mg/Nm3. Le permis stipule que des mesures de polluants (NOx, SO2, métaux lourds, dioxines, furannes...) devront être effectuées régulièrement par un laboratoire agréé. Chaque année, un rapport d'évaluation de l'impact sur l'environnement sera aussi soumis au comité d'accompagnement, que le Collège souhaite élargir à cinq représentants de la Ville, de la CCB et des riverains, ainsi qu'à trois professeurs d'université

Hautement politique et stratégique, la décision prise mercredi pourrait se voir frappée de recours. Elle a le mérite d'imposer des conditions contraignantes, alors qu'un refus aurait été directement effacé par une décision régionale qui, elle, aurait été inconditionnelle, assure-t-on dans l'entourage du bourgmestre.

Au total, le texte rencontre en tout ou en partie dix des quinze revendications que les habitants avaient formulées au travers de l'ASBL « l'air à l'oeil ». Un motif de satisfaction supplémentaire après l'annonce (« Le Soir » de mercredi) par le ministre Detienne du lancement d'une vaste étude épidémiologique dans le bassin carrier.