le logoL'air local est bien gardé à l'oeil.


L'ASBL maintient le cap


Echaudés par l'amalgame qui les a assimilés à un autre groupe de riverains de la cimenterie CCB, les membres de l'ASBL « L'air à l'oeil » entendent replacer... la cheminée au milieu du village. Et démontrer qu'ils tentent chaque jour de s'opposer de manière réfléchie au projet de co-incinération de déchets dans les fours du cimentier.
Récemment, un groupe d'habitants a distribué à plus de dix mille exemplaires un fascicule qui a choqué les représentants de l'ASBL. En couverture, un enfant leucémique photographié à travers une tente stérile. Au bas de cette couverture, la caracole d'Italcementi, affublée d'une caricature du nom du groupe italien propriétaire de la compagnie des ciments belges, devenu « Itamenti ». En préambule, les riverains qui signent ce document n'hésitent pas à indiquer que leurs réunions sont ouvertes à tous ceux qui s'opposent vraiment au projet de co-incinération de déchets dangereux.

Jacques Hennot, l'un des initiateurs de l'ASBL vient d'ailleurs de démissionner : son nom figurait dans le fascicule en question. Il devait se positionner clairement, indique-t-on du côté de l'air à l'oeil. Nous visons le même but, l'interdiction de ce procédé à la CCB, mais n'utilisons pas les mêmes moyens. Nous avons perdu la naïveté de croire que ce projet ne sera pas mené à bien. Des directives européennes en matière auraient vite fait de contrecarrer un « non » opposé à la demande de l'industriel, rappelle la présidente de l'association, Marie-Paule Noulette.
La Gaurinoise ajoute que l'ASBL s'est penchée sur les éventuelles conditions qui pourraient être apportées au permis d'exploiter. Et a initié des contacts avec d'autres associations (Inter-Environnement, Hector...), des organismes publics, des médecins... Une réunion se tient d'ailleurs ce jeudi avec l'association des médecins généralistes du Tournaisis, afin de sensibiliser ces derniers à la nécessité d'une étude épidémiologique.

Les analyses de l'air qui seront menées dans le bassin carrier cet été confirmeront ou apaiseront les craintes des riverains. En décortiquant l'étude d'incidence, ils ont constaté que selon les prélèvements effectués en juillet 2002 dans le cadre de cette dernière, les teneurs en plomb et en cadmium dans l'air étaient déjà respectivement 1.880 et 914 fois plus élevées que celles prévues par les modélisations contenues dans ladite étude. Et ce, avant que la co-incinération de déchets dangereux ne soit permise.

Rencontre d'information le 6 mai, à Havinnes. Le 23, journée festive au district de Gaurain. Infos au 069/54.71.08.

ALEXANDRE VALÉE 29 avril 2004 - Le Soir