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Gaurain-Ramecroix Les riverains critiquent l'attitude de la Ville

Questions sans réponse, ou repoussées. L'incinération de déchets dangereux effraie.
Deux plaintes déposées.

P as rassurés et pas contents, les riverains du bassin carrier tournaisien. L'ASBL « L'Air à l'oeil » et d'autres ont (mal) digéré le déroulement cahoteux du comité d'accompagnement « co-incinération CCB », le 9 mai dernier. Mercredi soir, ils exprimaient leurs inquiétudes sur les retombées de l'incinération de déchets dangereux dans les fours 3 et 4 du cimentier gaurinois.

« Le procédé a débuté le 4 mai, avec 150 mètres cubes d'huiles usagées. Or il existe une liste conséquente d'autres déchets et le débit maximum pour ces combustibles est de 45 tonnes/heure. Difficile d'avoir un exposé du cimentier qui soit le reflet de la réalité », juge Gilbert Van Luchêne. Pas convaincu par Italcementi, il regrette aussi que les élus locaux au comité d'accompagnement refusent l'ajout de certains points à l'ordre du jour des réunions.

Lionel Picalause partage cette déception. Son argumentaire sur la qualité de l'air dans le bassin carrier a été repoussé d'un revers de la main. « Dans les analyses de l'air de l'Issep, on constate 95 jours où les valeurs limites de 50 microgrammes de particules fines par mètre cube ont été dépassées, à Gaurain. La directive européenne et le droit wallon fixent la limite à 35 jours. D'ici à 2010, ce sera 7 jours ! » Alfred Bernard, toxicologue à l'UCL, rappelle l'impact de ces microparticules tel qu'avéré par l'OMS : « Un pour-cent de mortalité en plus pour 10 microgrammes par mètre cube »... Et Lionel Picalause de marteler les estimations de l'étude d'incidences : 105 tonnes de poussières en suspension et sédimentables émises par an, 171 kilos de mercure, 165 de plomb, 743 d'antimoine, cuivre, manganèse, vanadium, cobalt, à la sortie des cheminées...

Lionel Picalause a d'ailleurs déposé plainte le 15 mai à la DPE : selon lui, la suspension du permis de mai 2004 - causée par un recours du fonctionnaire technique - n'a pas été respectée : « des travaux ont été réalisés » pour adapter les installations à la valorisation de déchets dangereux. L'association « l'air à l'oeil » s'est également fendue d'une plainte : la représentativité des habitants dans le comité n'est plus assurée, depuis que l'un d'entre eux en a été rejeté au motif qu'il ne résidait pas dans l'entité. « Aucun échevin ne présidera la réunion du 19 septembre : c'est une manoeuvre dilatoire. »


ALEXANDRE VALÉE jeudi 08 juin 2006