le logoL'Air à l'oeil fera ses propres analyses.


Où en est l'étude épidémiologique ?
La CCB respecte-t-elle les conditions de son permis d'incinérer ?
Face au silence, L'air à l'oeil passe à l'action.

MARRE de l'absence de réponses à leurs questions.
Marre du mauvais fonctionnement du comité d'accompagnement mis sur pied dans la foulée de l'octroi du permis d'incinérer à la CCB.
Marre que la ministre wallonne de la Santé Christiane Vienne (PS) ne leur communique pas les résultats d'une étude dont ils étaient les premiers demandeurs.

L'ambiance détendue et conviviale de la conférence de presse organisée ce mercredi à la maison de village de Thimougies ne masque pas le profond ras-le-bol des membres de l'ASBL L'air à l'oeil. "En mai 2004, le ministre wallon de la Santé de l'époque, Thierry Detienne (écolo), annonçait qu'une étude épidémiologique et environnementale aurait lieu dans le bassin cimentier tournaisien. L'idée était de faire des tests à blanc, c'est-à-dire des prélèvements d'air, de terre et de légumes cultivés au jardin avant que les cimentiers ne commencent l'incinération de déchets dangereux. Les analyses devaient se dérouler en deux phases, l'une en été, l'autre en hiver. Mais juin et ses élections ont redistribué les cartes.

S'ils déplorent que Christiane Vienne ait limité l'ampleur de l'étude, la phase hivernale est passée à la trappe, ils estiment néanmoins avoir le droit d'en connaître les résultats.
Après tout, ne sont-ils pas les initiateurs de cette étude ainsi que les premiers intéressés ?
L'étude confiée à l'IPHB (l'Institut provincial d'hygiène et de bactériologie du Hainaut) devait être remise à la ministre pour le 15 novembre. Depuis, on n'a reçu aucune information du cabinet de Mme Vienne...

photo DH
Deux ans après la création de ASBL, ses membres sont toujours très motivés. Prochaine action : ils réaliseront sur fonds propres (vive les soupers au fromage!) une étude environnementale. CE 628016

L'air, l'eau et la terre à l'oeil.

Ne serait-on vraiment jamais mieux servi que par soi-même?
L'ASBL semble le croire. Elle est en tout cas bien décidée à financer sa propre campagne de prélèvements. Mais l'heure de l'incinération approche à grands pas à la CCB - elle sonnera le 19 mai selon No télé.
Par conséquent, si l'Air à l'oeil veut réaliser une étude à blanc, il est plus que temps de se mettre au travail. "Les premiers prélèvements auront lieu dans les prochaines semaines", assure Marie-Paule Noulette, présidente de l'ASBL. "Nous demanderons à différents laboratoires d'analyser de la terre et de l'eau pour y déceler la présence éventuelle de métaux lourds."

Des preuves pour aller en justice ?

L'objectif de l'opération ?
"Rassurer les habitants de la zone sur la qualité de leur environnement" Mais aussi, on ne s'en cache pas, "se servir de ces analyses pour intenter une action en justice si l'on constate que la CCB ne respecte pas les conditions du permis." C'est pourquoi du ciment sera aussi analysé avant et après l'incinération de déchets dans les fours de la CCB, car le permis interdit que les propriétés du ciment soient modifiées par le nouveau processus." Les sympathisants de l'ASBL peuvent être rassurés: deux ans après sa création, la motivation des membres ne s'est nullement atténuée. "On est toujours là, contrairement à ce qu'avaient prédit certains", déclare Thierry Vande Ghinste, secrétaire adjoint. Marie-Paule Noulette en appelle à la responsabilité citoyenne de chacun. On est la preuve vivante que les gens ne doivent pas avoir peur de se mobiliser."

"La ville sabote le comité de suivi".

En mai 2004, dans le premier permis d'incinération accordé à la CCB, la ville de Tournai prévoyait la création d'un comité d'accompagnement.
"Celui-ci connaît des dysfonctionnements, soutient l'ASBL L'air à l'oeil. Il était censé se réunir deux fois l'an au minimum. En réalité, nous n'avons eu que deux réunions depuis lors, en décembre 2004 et juin 2005, et le règlement d'ordre intérieur n'a toujours pas été approuvé. Nous sommes bien en peine de connaître l'évolution de la situation avant co-incinération.
Est-ce qu'un filtre a déjà été placé pour la dioxine?
Est-ce que la station télémétrique a déjà été placée?

Nous ne sommes informés que par les médias.

Paranos ou pas ?

Se mobiliser. Les membres de l'ASBL connaissent bien ce mot. Et s'ils ont choisi de s'investir autant, ce n'est pas pour le plaisir de faire peur aux gens. "On nous a traités d'alarmistes, "Attention de ne pas tomber dans un système parano" , nous a dit la ministre Vienne. Notre ASBL a justement toujours fait gaffe d'éviter cela", estime Thierry Vande Ghinste. Un avis partagé par Marie-Paule Noulette : "Il faut arrêter de nous prendre pour des débiles. On sait ce que dialoguer veut dire. On avait rencontré le ministre wallon de l'Environnement Benoît Lutgen (cdh) avant qu'il n'octroie le permis d'incinération à la CCB. On est prêt à écouter, mais là, on nous cache des choses. On n'est pas des paranos, mais on a besoin d'informations pour être rassurés...

Pierre WUIDART